Haro sur l’idéal européen

Publié le par Jason Lamiaux

Haro sur l’idéal européen

Les scores des Eurosceptiques en 2014 montrent un manque de connaissance de l’outil « Europe ». Instrumentalisé par l’extrême droite, cette méconnaissance est alimentée par un manque de sincérité de la part de certains dirigeants et de certains leaders d’opinion autour des erreurs sur les étapes de la construction européenne.

Il est impératif de lier les deux frères ennemis par une communauté d’intérêts qui sera plus forte que n’importe quel motif de guerre. En 1950, le ministre des Affaires étrangères français, Robert Schuman, propose que cette communauté d’intérêts repose sur la mise en commun des ressources énergétiques. Une année plus tard, est fondée la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) entre l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

La fondation de la Communauté Économique Européenne (CEE) et de la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique (CEEA), a pour but de permettre aux états membres de bénéficier d’une libre circulation des biens et des personnes. L’agriculture est le domaine prédominant dans ce marché commun. Une année plus tard est créée la commission européenne pour administrer et coordonner les politiques communes en matière économique. Il faudra attendre 10 ans, que les droits de douanes soient effectivement supprimés pour permettre une réelle politique d’échanges privilégiés entre les États membres.

En 1973, le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark entrent dans le jeu. S’en suit 6 ans plus tard, des premières élections au suffrage universel direct.

L’Europe se donne progressivement d’un arsenal législatif de plus en plus détaillé. Les critères pour l’entrée dans ce que l’on appelle désormais l’Union Européenne, sont de plus en plus étoffés. De même, les critères s’appliquant aux pays membres ont vocation à maintenir un niveau de développement, d’emploi et de croissance relativement équivalant entre toutes les parties prenantes. En 2002, l’Euro est proposé comme monnaie unique. A économie liée et niveau de développement équivalents, la monnaie unique est présentée comme facilitatrice des échanges. Au risque de créer un sentiment profond « d’augmentation des prix », en grande partie dû à la grande distribution qui a largement profitée d’un effet d’aubaine pour effectuer une remise en question de leurs politiques tarifaires.

L’élargissement de l’Union Européenne continue avec des pays de l’Est ayant des niveaux de développement inférieurs à ceux des pays membres : Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Slovénie. La constitution européenne est proposée au suffrage du peuple d’Europe, mais sa complexité ne permet à la population, ni de la comprendre, ni de la valider lors du référendum de 2005.

Depuis, il est devenu plus opportun pour certaines sociétés d’effectuer des délocalisation intra-européennes pour bénéficier d’un coût du travail moins élevé. Le niveau de développement des pays nouvellement admis étant inférieur à celui de ceux déjà membres, une grande disparité sur la qualité de vie se créée.

L’analyse de la situation me conduit à penser que ce rejet massif de l’Europe est la concaténation de l’incompréhension du système européen, l’incompréhension du fonctionnement de ses institutions, d’une mauvaise intégration des pays ayant un niveau de développement moindre, d’un manque de reconnaissance de la part des personnalités politiques des erreurs de la construction européenne et surtout de la gestion de l’espace Schengen défaillante.

Les extrêmes ont tout à gagner en jouant avec des craintes fondées sur un manque de connaissance et une absence de réflexion européenne. Les solutions simplistes ne sont rarement les bonnes et conduisent toujours à faire porter la responsabilité sur les autres.

Certes, les pays ayant des niveaux de développement plus bas que les autres membres n’auraient pas dût être intégrés aussi rapidement. Une intégration progressive de ces pays basée sur les étapes de création de l’UE aurait sans doute permis d’éviter l’effet pallier entre les pays membres. On ne s’engage pas sur une autoroute en roulant à 20 km/h. L’intégration pleine et entière sur la base de critères figés n’est pas une bonne solution, et l’UE devra avoir le courage de reconnaitre, par la voix des politiques, que le principe de non-discrimination des pays nouvellement membres n’est une solution judicieuse.

Les populations qui ne sont pas initiées au système européen doivent absolument faire l’objet d’une attention particulière avant que le rejet de l’Europe ne cause l’antonyme de son essence.

http://www.strasbourg-europe.eu/les-grandes-etapes-de-la-construction-europeenne,3375,fr.html

http://www.insee.fr/fr/themes/indicateur.asp?id=29&page=info_ipc.htm

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