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Le terrorisme français ou le cancer psychosomatique français

Publié le par Jason Lamiaux

Le terrorisme français ou le cancer psychosomatique français

En cette période de rentrée scolaire – professionnelle - politique, nous en avons terminé avec les expériences ubuesques de sécurisation des lieux de vacances. La liste des festivités annulées continue néanmoins de s’allonger au rythme des déclarations des maires, premiers magistrats, des communes de taille modestes comme des agglomérations.
Dans cette frénésie sécuritaire, une question semble être éludée du débat au profit des petites phrases politiques de tous bords : Comment des fils de France peuvent attaquer leur propre pays ?

Il me semble important de prendre un peu de hauteur et de dépassionner la question pour avoir un raisonnement purement factuel.

Non ces actes ignobles ne sont en aucun cas excusables, et encore moins tolérables. Non, ces individus ne méritent en aucun cas une quelconque pitié, ni indulgences. Oui, la plupart sont français, ce qui démontre que la république a failli.

Une distinction est marquante entre les différentes attaques qui ont eu lieux ces derniers mois, et repose essentiellement sur l’origine de la préméditation des attentats. Deux types d’attaques ressortent, distinguables par leur origine et leur objectif, le terrorisme idéologique et le terrorisme que nous pouvons qualifier de « structurel ».

Terrorisme idéologique

 

Les attentats dit « du Bataclan » et de l’HyperCasher prouvent les capacités d’organisation de l’autoproclamé Etat Islamique. Des dizaines de personnes, surarmées et déterminées, ont pu faire des centaines de victimes innocentes coupables d’avoir été uniquement au mauvais endroit, au mauvais moment.

Cette guerre idéologique fruit de plusieurs années de guerres occidentales dans le golfe persique pour des raisons plus ou moins légitimes impose une question : notre vision de la liberté individuelle suffit-elle à justifier les conséquences ? Sous l’apparence d’une guerre de religion qui ne dit pas son nom, il n’est en réalité qu’un moyen de défense barbare à une dépossession culturelle en échange de quelques barils de pétrole.

Les attaques contre le monde occidental qui en découlent sont organisées et gourmandes en ressources humaines et financières, presque totalement fournies par le « monde » qu’ils combattent. Le blanchiment du pétrole qui assure des ressources confortables à l’organisation terroriste n’en reste pas moins cautionné et facilité par des pays « amis » permettant aux automobilistes de rouler avec du sang.

Face à cette situation de guerre, l’Union Européenne des bons sentiments, n’a comme seule solution un PNR (Passenger Name Record) à l’européenne avec une efficacité… à l’européenne. La complaisance à l’égard des terroristes en puissance, le manque de suivi des personnes à risque, et la faiblesse des frontières turques appellent à une profonde modification des règles européennes. Ces changements de règles relèvent de multiples domaines : mise en place d’une police anti-terroriste européenne, un service d’enquête européen dédié aux personnes à risque, le suivi des voyages intra-européens et des frontières.

Au-delà du simple constat des « il faudrait », n’oublions pas que le terrorisme se nourrit également des fils de France, à grand renfort d’arguments se voulant être une réponse à leur quête identitaire.

Terrorisme structurel

 

Les actions terroristes de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray montrent un autre visage des attaques contre nos libertés. Ce terrorisme de proximité à l’aspect inquiétant permet à tout à chacun de trouver une justification, médiatisée et politico-religieuse, à une pulsion maladive meurtrière.

Aujourd’hui n’importe quel individu névrosé peut se permettre de commettre, avec des moyens aussi rudimentaires qu’un camion ou un couteau de cuisine, un attentat au nom d’une organisation internationale qui se veut médiatique. La promotion systématique de ces terroristes, la communication de leurs noms et photographies, leurs biographies et la mise en lumière de leurs parcours ne peuvent être qu’autant d’arguments encourageants pour un individu malade ne trouvant pas de sens à son existence.

L’état névrotique de l’individu n’est pas le seul élément qui peut expliquer le phénomène dit « de radicalisation ». Soit-dit en passant le terme « radicalisation » me semble on ne peut plus inapproprié. Comment parler de radicalisation religieuse lorsque les principes religieux sont totalement antinomiques avec les actions issues de cette radicalisation ? Le lien cause – action relève alors de la schizophrénie idéologique.

A ceux qui utilisent l’Islam comme une justification à leurs assassinats odieux et sordides, peut-être serait-il utile de rappeler que « quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes » (Sourate 5 Verset 32 du Coran).

Ceci étant rappelé, il est nécessaire de se demander pourquoi tant de personnes cherchent un sens à leur vie par cette pseudo « radicalisation ». Le manque de réflexion spirituelle, qu’elle soit philosophique, religieuse ou humaniste est sans doute la porte d’entrée des théories nationale-socialiste élargies et modernisées par DAESH.

De plus, à grand renfort de déclarations politiques, la France est parvenue à créer deux types de Français : les français de base ; et les français condamnés à être perpétuellement dans une démarche d’intégration. Comment certains peuvent-ils ne pas être désenchantés quand, nés français, on leur rappelle constamment leur devoir « d’intégration » ?

Imaginez-vous un instant face d’une personne qui vous répète que « c’est à vous de vous intégrer en France ! ». Je suis presque certain que votre réponse sera « Pourquoi ai-je à m’intégrer dans mon propre pays ? ». Il y a de quoi créer un véritable sentiment d’exclusion... Sentiment qui facilite l’appel des extrémistes, pour peu que la personne soit en quête d’elle-même.

Ce n’est pas par la création d’un « Islam de France » ou en interdisant telle ou telle tenue sur une plage que l’Etat règlera le problème identitaire français. Faire de l’ingérence religieuse un thème de campagne pour les prochaines présidentielles, sans se poser la question de l’éducation civique et fraternelle, est pour moi une absurdité indescriptible.

Le vrai enjeu du prochain Président de la République sera indubitablement de recréer l’esprit de communauté entre les français, ce qui n’existe plus aujourd’hui. Pour recréer cet esprit de communauté, les seules clés resteront l’éducation des valeurs françaises dès le plus jeune âge et offrir aux français une vision du pays dans laquelle chacun aurait vraiment sa place.


En conclusion, je me contenterai de citer Baden Powell, dont les propos avant la seconde guerre mondiale sont toujours d’actualité plus de 80 ans plus tard : « On inculque à toutes les couches de la société le souci de l’intérêt personnel ; il n’y a rien d’étonnant à ce que notre pays soit divisé contre lui-même ; à ce que chacun cherche son avantage et rivalise sans scrupule avec son voisin pour obtenir la haute main ; à ce que les cliques et les partis politiques, les sectes religieuses et les classes sociales en fassent autant, au plus grand détriment des intérêts du pays et de l’unité nationale. » [Baden Powell – Eclaireurs – 1929].

 

Pour aller plus loin :

Numéro vert de prévention : 0 800 00 56 96

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Les raisons de la montée du Front National

Publié le par Jason Lamiaux

Les raisons de la montée du Front National

A la publication de l’article « Un jeune centriste s’inquiète de la montée du FN » sur la page Facebook de La voix du Nord de Saint-Omer, une personne a répondu que l’important n’était pas de s’inquiéter de la percée du parti frontiste, mais d'en comprendre les causes.

Il est vrai que beaucoup de personnalités politiques sont dans une posture de constat sans pédagogie sur leurs analyses préalables. Voici donc mon analyse des causes de l’explosion du parti d’extrême droite dans les urnes.

Beaucoup de politiques se posent la question de savoir comment contrer le parti de la famille Le Pen, certains en se cachant derrière un pseudo Front Républicain, d’autres derrière la conviction que le FN est un parti dit « de premier tour ». Je pense sincèrement que l’exaspération des citoyens est à un point tel, que Marine est aux portes de l’Élysée. Le monde politique se doit de réagir !

Un sentiment d’insécurité

Sans langue de bois, le FN joue sur les peurs et les inquiétudes des citoyens. Face à plusieurs décennies de langage populiste, facile à comprendre et facilement acceptable, le parti antitout, a réussi à faire croire aux français qu’il est le seul à défendre une vraie justice.

La remise de la peine de mort, la mise en place de peines exemplaires, la tolérance zéro, autant de propositions qui parlent aux français. Ces propositions ont d’autant plus de résonances lorsqu’elles sont débitées avec un raisonnement accessible : Un délit = une peine, tu tues = la justice te tue ! « Œil pour œil, dent pour dent »

Un retour à la loi du Talion qui permet de faire oublier les causes de l’évolution de cette démarche républicaine qu’est l’abandon de la peine de mort au profit de la justice éducative. Pour une personne condamnée « Justement », combien d’erreurs judiciaires, combien de meurtres d’état, et surtout pour quel résultat ?

Il n’y avait pas moins de « meurtres » avant qu’aujourd’hui…. La différence est que, si ce dernier à un petit point vendeur, il fera 48 heures sur les chaines d’information en continu. La médiatisation à outrance créée le sentiment d’insécurité !

Beaucoup d’émissions de « divertissement » passent leurs temps à montrer « l’enfer de la Seine-Saint-Denis », « la force des caïds », « les coulisses du trafic de drogue » …. Et j’en passe. Bien sûr, à chaque fois ces reportages montrent l’aspect négatif des quartiers populaires. Mais pour un groupe de 4 – 5 personnes ayant un mauvais comportement dans leur citée, combien de personnes motivées, ayant une vraie volonté d’intégration, d’emploi, de réussite ?

Le syndrome de l’auto-conviction est fort dans la pédagogie populiste.

Le sentiment d’abandon des français

Beaucoup de citoyens se refusent à aller voter. « Les politiques ne servent à rien », « ils ne sont pas comme nous », « ils ne comprennent pas nos préoccupations », autant d’affirmations qui ressortent des discutions que je peux avoir avec des citoyens non-initiés aux arcanes politico-politiques.

Au-delà d’une simple incompréhension des systèmes politiques et de représentation ; il s’agit d’un rejet de la part de beaucoup de français envers les institutions. Le mille-feuilles des collectivités locales en est pour beaucoup.

Notre système est basé sur le choix de nos représentants, pourtant il n’existe aucune corrélation entre la répartition des CSP (Catégories Socio-Professionnelles) majoritaires en France et la répartition les CSP des élus. En d’autres termes, alors qu’en France une grande partie des citoyens relève des catégories « Ouvriers » – « Employés » voire « sans activité professionnelle » ; une grande partie des élus français relèvent des catégories dites supérieures comme les professions libérales, ou divers cadres dirigeants. Les citoyens attendent des candidats qui leur ressemblent et qui comprennent leurs préoccupations.

Il est simple pour le parti frontiste de jouer la carte du désintérêt et du mépris des politiques dans ces conditions.

Enfin, une des explications de ce sentiment est aussi la modification du fonctionnement des partis politiques. Le modèle historique, « les militants remontent des idées qui débouchent sur un programme » est mort. Il est remplacé par un système où les idées défendues viennent du sommet et sont la plupart du temps issues de faits d’actualité.

Les programmes proposés proviennent désormais d’apparatchik coupés de la réalité, provoquant un sentiment de mépris envers les militants et de distance envers les français.

Les français d’abord

Ha le fameux : « On ferait mieux de s’occuper d’abord de la misère chez nous ! / de nos pauvres ! ». Un grand classique…

Le matérialisme et l’individualisme créent la pauvreté ! Nul n’est besoin d’avoir une voiture ou un ordinateur pour être riche de vivre dans un pays où les femmes ne sont pas excisées ; où les Hommes n’ont pas à travailler chaines au pied durant 14 heures par jour, où les enfants ont la chance de pouvoir aller à l’école et d’apprendre… A la naissance beaucoup de peuples, sans iPhones, sans biens de consommation moderne vivent grâce à l’entraide sur le principe d’une vraie communauté d’esprit et de valeurs.

Doit-on rappeler que la France est l’un des pays où la vie est la plus facile ? Notre système de protection sociale n’est certes pas parfait, mais il a le mérite d’exister. Connait-on beaucoup de pays où une personne, sans jamais travailler, peut ne connaitre ni la faim, ni la rue ? Connais-t-on beaucoup de pays où les soins sont « gratuits » (entendez « pris en charge ») ?

La première question à se poser est « qu’est-ce qu’être français ? ». Cette question permet souvent de casser toute idéologie xénophobe. La plupart du temps, on retrouvera dans les réponses de grands idéaux républicains : « Être intégré », « Être solidaire », « Être libre ». Y-trouve-t-on une seule réponse basée sur les origines, la religion ou encore la couleur de peau ? Non !

Pourtant la tendance est à la mise en exergue des différences culturelles pour faire la critique de l’égalité entre les citoyens…

La distinction entre les « français de souche » et les « immigrées » (comprendre « les personnes ayant encore une attache affective forte à leur pays d’origine ») n’est plus supportable. Être français c’est avant tout des valeurs et l’ambition d’un destin collectif commun, rien d’autre.

Expulsons les immigrés

Encore un thème qui prête à rire lorsque l’on connait la réalité du terrain, et que l’on sait réfléchir en se détachant des effets médiatiques.

L’amalgame délinquance – immigration est la base du discours du FN. La thèse portée par ces derniers consiste à dire que l’immigration est à l’origine de l’insécurité dans notre pays. Il est toujours simple de reporter les fautes sur une catégorie de personnes pour ne pas se poser les vraies questions.

La principale source de délinquance est la pauvreté et le sentiment d’exclusion des individus. Une personne à qui l’on permet d’avoir une vie stable, une vie de famille et un vrai confort de vie ne se tournera pas vers la délinquance. A contrario, si l’on laisse des individus s’enfermer dans un contexte qui ne leur laisse aucun avenir, si l’on laisse le sentiment d’être en marge de la société s’installer et que l’on ferme toute opportunité de progression aux individus, il devient quasiment naturel de se tourner vers l’argent facile, quel que soit le niveau de risque.

C’est lorsque l’on n’a rien à perdre que l’on prend le plus de risque.

Dans la course à l’excuse, l’Europe en prend également pour son grade. Cause de tous les maux de l’économie selon le Front National, L’Europe n’est pas réellement celle de Marine Le Pen.

L’Europe

L’Europe est l’une des institutions les moins connues dans son fonctionnement par les citoyens. Il est alors facile de s’engouffrer dans la brèche et de détourner cette institution pour la rendre responsable de tout et n’importe quoi.

Comme évoqué dans mon précédant article « Haro sur l’idéal Européen », L’Union Européenne est l’aboutissement d’un long travail de réflexion et de coopération dans le seul but de pacifier les pays européens à la suite de deux guerres mondiales. L’Europe n’a pas, à mon sens, suivi un mode de conception efficient. Les pays auraient dû faire l’objet d’une intégration progressive afin d’éviter le nivellement par le bas des économies.

Le FN, préconise une sortie de L’Europe et s’appuiera sur l’exemple de l’Angleterre, suite au Brexit. Il va de soi que les deux situations ne sont en rien comparables entre la France pleinement intégrée dans la démarche Européenne et l’Angleterre fixant ses propres règles…

Une sortie de l’Europe façon MLP conduira indubitablement à une crise économique Française bien plus douloureuse que celle de 2008. Il est peu probable que notre économie ne résiste à une baisse encore plus forte de notre balance commerciale, à l’arrêt de certaines importations et à un retour au franc. Sur ce dernier point, est-il utile de rappeler que nos dettes sont libellées en Euros et que la transposition en francs augmenterait de façon quasi-mécanique le montant dû. Il ne faut pas oublier que sans la sous-traitance à l’étranger, fini les vêtements à moins de 30 €…

S’isoler n’est pas la solution dans le monde d’aujourd’hui. Il est juste nécessaire de faire preuve de bon sens.

La politique n’aura jamais de solution miracle, surtout si chaque citoyen pense à son niveau de vie sans en mesurer les conséquences. La valorisation du « Made in France » est importante, elle permet de faire prendre conscience à un certain nombre de personnes que depuis les années 80 nous enrichissons les pays étrangers. Payer moins cher un produit manufacturé est presque toujours synonyme de délocalisation, de chômage en France. L’heure est à l’urgence d’une consommation-protectionniste dont les acteurs ne peuvent être que nous seuls.

Principe du tous pourris

Le principal argument du Front National est le « Tous pourris ». Les élus ne seraient alors que des êtres vils, sans foi ni loi ne pensant qu’à leurs intérêts personnels.

D’une part, rappelons que ce sont les citoyens qui choisissent leurs élus… Si vous ne souhaitez plus voir telle ou telle personne ne votez pas pour elle ! Nombreux sont ceux qui votent encore pour une étiquette politique plutôt que pour un projet, nombreux sont ceux qui votent contre un candidat plutôt que pour un projet.

Les citoyens doivent faire face à leurs propres responsabilités lorsqu’ils sont dans l’isoloir car nombreux sont les élus qui se battent becs et ongles pour faire vivre leurs communes ou leurs villages.

Je trouve profondément injuste qu’une généralité soit faite sur l’ensemble des militants politiques alors que la plupart ont un engagement sincère. Que voulez-vous répondre à une personne qui a un simple « Bonjour » vous répond avec une force de conviction insoupçonnable « Vous êtes tous les mêmes ! » ? Je regrette sincèrement ce climat où, parce que je souhaite prendre part au destin de mon pays, je suis assimilé à un escroc, un voleur, un salaud.

Lorsque le Font National, dénonce le cumul des mandats, alors que ces élus ne font pas mieux cela prête à rire. Il est dommage que seule la parole du Front National ne soit considérée comme véridique. Il est dommage qu’avant même que l’on ait le temps de proposer la moindre idée, l’on nous colle l’étiquette de « Menteur de politique ».

Je constate régulièrement que l’on me reproche la politique passée, alors que je n’y ai pas pris part… Oui une autre politique est possible, mais laissez donc leurs chances à la nouvelle génération qui s’engage.

Les votes communs

L’argument étant que voter pour l’un ou pour l’autre c’est la même chose.

Le FN se fait une joie de dénoncer que des partis politiques votent globalement la même chose au sein des collectivités territoriales… Il faut savoir que 80 % des votes dans les collectivités locales sont des votes de gestion courante. Le paiement de la facture d’électricité du Conseil Régional, la mise au paiement des factures d’achats de papier de la mairie… L’opposition doit-elle forcément voter contre car les délibérations sont proposées par la majorité ? Le FN a trouvé la parade, il s’abstient ! Ridicule !

En conclusion, les causes de la montée du Front National sont multiples mais ne se suffisent pas à elles seules. L’arnaque du FN est flagrante ! Je me souviens encore très bien des élections cantonales de 2011 où les affiches de campagnes du FN étaient uniquement des photographies de Marine Le Pen ! Dès lors, comment savoir qui est votre candidat et quelles sont ses valeurs ?

Je mets en garde chaque citoyen : Ne votez pas pour une étiquette politique, votez pour la conviction de la femme ou l’homme politique car lorsque vous votez Front National bien souvent vous ne savez pas ce qui se cache derrière cette étiquette, vous ne connaissez pas leurs parcours, ni les motivations qui les conduisent à s’engager.

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Haro sur l’idéal européen

Publié le par Jason Lamiaux

Haro sur l’idéal européen

Les scores des Eurosceptiques en 2014 montrent un manque de connaissance de l’outil « Europe ». Instrumentalisé par l’extrême droite, cette méconnaissance est alimentée par un manque de sincérité de la part de certains dirigeants et de certains leaders d’opinion autour des erreurs sur les étapes de la construction européenne.

Il est impératif de lier les deux frères ennemis par une communauté d’intérêts qui sera plus forte que n’importe quel motif de guerre. En 1950, le ministre des Affaires étrangères français, Robert Schuman, propose que cette communauté d’intérêts repose sur la mise en commun des ressources énergétiques. Une année plus tard, est fondée la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) entre l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

La fondation de la Communauté Économique Européenne (CEE) et de la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique (CEEA), a pour but de permettre aux états membres de bénéficier d’une libre circulation des biens et des personnes. L’agriculture est le domaine prédominant dans ce marché commun. Une année plus tard est créée la commission européenne pour administrer et coordonner les politiques communes en matière économique. Il faudra attendre 10 ans, que les droits de douanes soient effectivement supprimés pour permettre une réelle politique d’échanges privilégiés entre les États membres.

En 1973, le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark entrent dans le jeu. S’en suit 6 ans plus tard, des premières élections au suffrage universel direct.

L’Europe se donne progressivement d’un arsenal législatif de plus en plus détaillé. Les critères pour l’entrée dans ce que l’on appelle désormais l’Union Européenne, sont de plus en plus étoffés. De même, les critères s’appliquant aux pays membres ont vocation à maintenir un niveau de développement, d’emploi et de croissance relativement équivalant entre toutes les parties prenantes. En 2002, l’Euro est proposé comme monnaie unique. A économie liée et niveau de développement équivalents, la monnaie unique est présentée comme facilitatrice des échanges. Au risque de créer un sentiment profond « d’augmentation des prix », en grande partie dû à la grande distribution qui a largement profitée d’un effet d’aubaine pour effectuer une remise en question de leurs politiques tarifaires.

L’élargissement de l’Union Européenne continue avec des pays de l’Est ayant des niveaux de développement inférieurs à ceux des pays membres : Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Slovénie. La constitution européenne est proposée au suffrage du peuple d’Europe, mais sa complexité ne permet à la population, ni de la comprendre, ni de la valider lors du référendum de 2005.

Depuis, il est devenu plus opportun pour certaines sociétés d’effectuer des délocalisation intra-européennes pour bénéficier d’un coût du travail moins élevé. Le niveau de développement des pays nouvellement admis étant inférieur à celui de ceux déjà membres, une grande disparité sur la qualité de vie se créée.

L’analyse de la situation me conduit à penser que ce rejet massif de l’Europe est la concaténation de l’incompréhension du système européen, l’incompréhension du fonctionnement de ses institutions, d’une mauvaise intégration des pays ayant un niveau de développement moindre, d’un manque de reconnaissance de la part des personnalités politiques des erreurs de la construction européenne et surtout de la gestion de l’espace Schengen défaillante.

Les extrêmes ont tout à gagner en jouant avec des craintes fondées sur un manque de connaissance et une absence de réflexion européenne. Les solutions simplistes ne sont rarement les bonnes et conduisent toujours à faire porter la responsabilité sur les autres.

Certes, les pays ayant des niveaux de développement plus bas que les autres membres n’auraient pas dût être intégrés aussi rapidement. Une intégration progressive de ces pays basée sur les étapes de création de l’UE aurait sans doute permis d’éviter l’effet pallier entre les pays membres. On ne s’engage pas sur une autoroute en roulant à 20 km/h. L’intégration pleine et entière sur la base de critères figés n’est pas une bonne solution, et l’UE devra avoir le courage de reconnaitre, par la voix des politiques, que le principe de non-discrimination des pays nouvellement membres n’est une solution judicieuse.

Les populations qui ne sont pas initiées au système européen doivent absolument faire l’objet d’une attention particulière avant que le rejet de l’Europe ne cause l’antonyme de son essence.

http://www.strasbourg-europe.eu/les-grandes-etapes-de-la-construction-europeenne,3375,fr.html

http://www.insee.fr/fr/themes/indicateur.asp?id=29&page=info_ipc.htm

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